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CONTEXTE LOCAL
 
Le contexte guyanais
 

Indicateurs démographiques :
La population recensée (au 1er janvier 2007) est de 209 000 habitants mais ce chiffre semble sous-estimé face à la croissance démographique rapide de la région et du nombre potentiel de personnes en situation irrégulière, venues des pays voisins (principalement Brésil, Guyana, Haïti, Surinam).
Les caractéristiques de la population guyanaise sont donc :
- une croissance rapide : 20 % en 5ans
- une population jeune : 35 % moins de 15 ans, 50 % moins de 25 ans
- une répartition inégale : 85 % regroupée sur le littoral
- une population étrangère importante : 1/3 de la population totale
- une population multiculturelle et ethnique : les Amérindiens, les descendants d’esclaves (les  Noirs Marrons), les Créoles (45%), les Européens (10%), les Haïtiens, les Surinamais, ou les réfugiés laotiens sont autant de composantes de la population guyanaise.

Indicateurs sanitaires (comparés à ceux de la France Hexagonale) :
-
un taux de natalité plus de 2 fois supérieur: 4 enfants par femme en Guyane, 1,9 en métropole
- des grossesses précoces nombreuses: 8 % du nombre d’accouchements contre 0,5 %
- une espérance de vie écourtée : moins 4 ans (71,6 ans pour les hommes contre 75,5 et 78,7 pour les femmes contre 82,9)
- une surmortalité de près de 40 % dont les causes sont principalement dues aux traumatismes, aux maladies infectieuses et aux maladies vasculaires cérébrales

Indicateurs socio-économiques :
-
un PIB inférieur de moitié à celui de la métropole
- un taux de chômage 2 fois plus élevé (19,2 %)
- un taux d ’allocataires du RMI 4 fois supérieur (125/1000 contre31/1000)
- un taux d ’allocataires de l ’API (Allocation Parent Isolé) 4 fois supérieur
- un taux de bénéficiaires de la CMU (de base + complémentaire) plus de 4 fois supérieur (38 % de la population contre 8 %)

 

 
Les conséquences en termes de prise en charge sanitaire et sociale
 

Extension des zones d’habitat sauvage :
Le faible développement économique, la concentration des activités sur 3 villes (Cayenne, Kourou et Saint-Laurent du Maroni), la croissance démographique incontrôlée, la porosité des frontières conduisent à l’extension des zones d’habitat sauvage, sans plan d’urbanisme ni d’équipement en matière d’assainissement et d’eau potable. Les conditions d’habitation sont donc souvent insalubres et précaires, avec des risques sanitaires importants.
Il faut indiquer que le nombre de logements sociaux manquants en Guyane est estimé à 12 000, d’où la nécessité pour des personnes aux faibles revenus d’occuper des logements de fortune.

Insuffisance des structures médico-sociales :
Comparée à la moyenne nationale française, la Guyane souffre d’une insuffisance d’équipements sanitaires et sociaux. Les difficultés de communication, l’inégalité de la répartition de la population sur le territoire, un contexte épidémiologique particulier (juxtaposition de pathologies de pays en voie de développement, de pays développés, et de pays tropicaux), les difficultés de financement et de recrutement du personnel, sont autant de contraintes particulières qu’il faut prendre en compte.
Ainsi, en termes d’hébergement social, tout est concentré à Cayenne. Il n’existe actuellement pas de foyer pouvant accueillir les mères en difficultés et leurs enfants, ou les familles nombreuses.
De plus, la Guyane connaît un déficit de médecins généralistes et spécialistes ainsi que de personnel infirmier. L’accès aux soins est donc réduit, voire limité.

 

 
Caractéristiques des personnes en situation d’exclusion
 

Il est difficile d’établir un profil « type » des personnes en situation d’exclusion en Guyane. La variété des profils rencontrés fait en effet écho à la variété des populations vivant en Guyane.


On peut notamment citer :


- les populations isolées, vivant sur les fleuves (certaines tribus amérindiennes) : difficultés d’intégration au mode de vie occidental, problème d’alcoolisme
- les personnes habitant dans des logements surpeuplés, avec des risques de décohabitation ou d’expulsion sauvage
- les personnes victimes de violences
- les personnes vivant dans les squats : personnes étrangères (en situation régulière ou non), consommateurs de crack, familles nombreuses en très grande précarité (souvent familles monoparentales)

 
Les "grands exclus"
 


Ils se définissent comme des personnes ayant perdu tout repère social, en situation d’errance dans les rues de l’Ile de Cayenne. Ils sont souvent un long parcours de difficultés et de désinsertion sociale.

Leurs caractéristiques :
- essentiellement des hommes (85 à 90%)
- isolement familial et social
- solitude
- absence de papiers d’identité et donc d’existence administrative
- troubles psychiques
- problèmes récurrents de santé
- polytoxicomanie: alcool, drogue (crack)
- ont perdu les repères du corps (hygiène, douleur) et du temps
- dorment dans la rue
- en rupture de prise en charge globale et d’accès aux droits fondamentaux

Une des spécificités de la grande exclusion sur l'Ile de Cayenne est la toxicomanie au crack. Cette spécificité se retrouve également aux Antilles, pour les mêmes raisons: faible coût de la dose de crack, approvisionnement facile.
S'il est difficile de d'établir un lien direct de cause à effet entre le crack et la grande exclusion (la première prise de crack, comme de toute autre drogue étant déjà le signe d'un mal-être social), la prise de crack cause très rapidement des dommages irréversibles. Le consommateur de crack s’enfonce donc dans le processus de désocialisation, à la recherche quasi-permanente du produit.

Seul un long travail d’approche, de mise en confiance et de mobilisation de l’ensemble des partenaires impliqués dans la lutte contre les exclusions peut permettre d’envisager une resocialisation, voire une réinsertion.

 
 
     
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