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Extrait page 5 de France- Guyane du 15 mars 2006
La Guyane , terre d'accueil de la grande exclusion européenne
Le samu social de l'Île de Cayenne, reçoit depuis hier, des délégations venues d'italie et de Slovaquie à l'hôtel Amazonia de Cayenne, pour débattre des questions liées à la prise en charge des exclus et partager les expériences européennes de lutte contre l'exclusion.
l'occasion de tirer le bilan d'une structure dont la mission se diversifie.
Dans la plus grande discrétion, le monde médical et les associations de lutte contre l'exclusion, célébraient en novembre 2003, la création du Samu social de l'Île de Cayenne . Et tout aussi discrètes on été les actions que la structure conduit au quotidien dans les rues, depuis 2004. Depuis, ses bénévoles ont rencontré 411 personnes différentes. Un chiffre qui dépasse toutes les prévisions, reconnaît aujourd'hui Daphné Borel, la directrice du Samu social de l'Île de Cayenne. Une donnée essentielle pour saisir à la fois la souffrance humaine qui traverse les rues de la capitale et les réponses que les partenaires sociaux prétendent apporter.
Ces données livrées à la réflexion des délégations venues d'Italie et de Slovaquie, n'ont pas vraiment suscité de surprises. Car elles tranchent avec la réalité vécue à Bratislavia, où intervient une ONG, proche du Samu social. Selon son représentant Martin Opeta, le public des exclus est majoritairement composé d'hommes. Les méthodes d'intervention ne diffèrent pas non plus. Mais Martin Opeta et ses équipes travaillent plus pour l'insertion professionnelle. C'est ainsi qu'un mensuel concernant un réseau de 11 villes slovaques est réalisé par les exclus. Mais l'énorme différence entre la Guyane et le Slovaquie est que la première est confrontée à l'immigration massive, alors que la seconde n'en est pas. Du moins pour l'instant.
L'autre invitée, l'Italie offre un exemple tout à fait différent du modèle français de la prise en charge. Car la délégation milanaise présente à Cayenne, parle plutôt de prévention de l'exclusion que prise en charge des exclus.
Le riche Etat de Lombardie prend l'inverse du modèle français qui "soigne" l'exclusion. Dans cette région, le vieil adage "prévenir que guerir" est de rigueur. La chercheuse et enseignante, Susanna Montovani, présente à Cayenne, insiste sur cette particularité. Comme pour plusieurs pays d'Europe, l'exclusion est centrée à Milan, la grande cité Lombarde. A cela s'ajoute un phénomène récent dans l'histoire de l'Italie : l'immigration.
Le tout forme un coktail explosif qui est la marginalisation des plus faibles. " l'expérience Guyannaise sur l'immigration nous aiderait à comprendre ce qui se passe chez nous " déclare Mme Montovani, professeur d'éducation à l'université de Milan.
Elle évoquera les jours à venir, l'expérience de la Lombardie sur la politique d'accompagnement des femmes et l'aide à la petite enfance pour éviter des problèmes dans le futur. La méthode passe par l'ouverture de crèches, ou des centres d'accueil.
Le mélange de deux approches sociale et éducative pour barrer la route à l'exclusion.
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